Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 18:53

1709 – 1830 – 1870

 

Nous demandions du froid à corps et à cris. Habitués a des hivers doux et pluvieux, les Toulousains disaient : « Quel sale temps ! ». il y a quelque chose de détraqué : nous n’avons plus d’hiver. Et chacun souhaitait des froids vifs qui font du bien à la terre, tuent les insectes et purge le temps.

Eh bien ! nos concitoyens sont servis. Depuis trois semaines il gèle à pierre fendre ; avec leurs arbres poudrés à frimas, nos campagnes ressemble à une petite Sibérie.

Pourtant l’hiver de 1913 et un doux printemps au regard de ceux du temps passé, qui ont vivement frappé l’imagination de nos pères et sont restés dans la mémoire des hommes avec leur triste cortège de douleurs et de misères.

Parmi les plus fameux, il faut citer ceux de 1709, 1830 et 1870 qui ont bien leur nom populaire de « Grands Hivers ».

Nous allons les ressusciter et céder la parole à Jacques Bonhomme, laboureur : 

« Nous avons surtout était bien malheureux, l’année du grand hiver. Ah ! ce coquin hiver de 1830, si le diable avait tant seulement pu l’emporter en enfer avec lui ! Il a bien fait froid, pour sûr, en 1870, mais ce n’est rien en comparaison. Tout d’abord, il faut vous dire qu’en 1829, il y avait eu, en été, un gros nuage qui avait tout emporté dans la campagne : blé, seigle, tout était perdu ; le vent, qui « buffait » comme un enragé, avait arraché et cassé des arbres. C’était une vraie désolation.

 

« Les malheurs ne faisaient que commencer ; l’hiver, qui vint après, fut terrible. Au mois de décembre 1830, il grêlait nuit et jour à fendre les pierres. Il faisait un froid à glacer le sang dans les tripes. Aux platanes, la Garonne était gelé d’un bord à l’autre : c’était bien beau à voir ; on aurait dit un grand miroir ; le bac ne marchait plus et les voitures traversaient la rivière sur la glace. Devant Saint-Cyprien, la Garonne n’était pas prise de bord à bord, mais on y voyait passer des glaçons hauts comme des maisons, qui faisaient un bruit de diable quand ils se rencontraient. Tout gela dans la campagne : les blés, les seigles, les arbres fruitiers et même les platanes. On entendait, tous les jours, comme qui dirait, des coups de canon ; c’était un platane qui éclatait et de fendait de long en long, comme si le feu du ciel était tombé dessus. Personne n’osait sortir dehors de crainte de se geler les doigts, les oreilles et le bout du nez. Beaucoup de paysan, qui firent les malins, tombèrent coup sec, comme des mouches, pour ne plus se relever : ils étaient morts, bonnes gens ! Puis la neige se mit à « cherre » ; elle gela et resta sans fondre, un bon mois. Enfin ! l’hiver cessa : tout avait péri. Si ça avait continué, nous allions crever, pire que des mouches.

 

« Mon grand-père m’a souvent parlé, quand j’était petit drôle, d’un hiver encore plus terrible, qu’il avait vu sous le grand roi Louis XIV. C’était en 1709, il l’appelait le grand hiver. Il faisait si froid à Toulouse que le vin gelait dans les barriques et que le bouillon de la soupe se gelait quand on sortait le pot du feu. Le pain et la viande devenait si durs qu’il fallait les couper avec une hache pour les manger. Quand on sonnait les cloches, elles se fendaient. Les bestiaux moururent en grand nombre. Tous les arbres gelèrent.

 

Voyons, maintenant, ce que dit Jacques Bonhomme de l’hiver de 1870. Il a vu cette période dont les hommes se souviennent toujours et il raconte, dans son langage de paysan, ses impressions attristées :

« Donc, je vous dirai qu’au mois de janvier 1871, il y eut de si grands froids que la Garonne était gelée ; les chevaux ne pouvaient marcher de peur de tomber et de se casser les jambes. Tout y a passé et nous n’avions rien à nous mettre sous la dent. Sur les promenades, des arbres gelèrent jusqu’aux racines, et il fallut les arracher. Ah ! oui, ce fut une bien mauvaise année, et la misère se mit sur ce pauvre monde comme les chenilles sur le choux… »

(Le roman de Jacques Bonhomme)

 

Et maintenant souhaitons que l’hiver de 1913, n’ambitionne pas, à l’instar de celui de 1709,1830, 1870, l’honneur redoutable, aux pauvres gens et aux vieillards, d’être à son tour un grand hiver. Assez de froid.

Glaneur

 

(Midi-Socialiste – 23 janvier 1914)

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 18:57

Voici l’époque des soirées dansantes qui arrive. Les danseuses font une grande consommation de souliers de satin blanc. Après une soirée, ces souliers ne sont pas usés, ils sont simplement salis par la cire, la poussière etc.

Pour les mettre à neuf, il suffit de frotter l’endroit souillé avec un linge de laine imbibé d’esprit de vin et d’un peu de savon blanc.

Par exemple, il est bon de mettre les souliers sur une forme pour les faire sécher, afin qu’ils ne rétrécissent pas sous l’influence de l’humidité.

(Figaro)                                                                                                                            Jean de Paris

 

(Le Journal de Toulouse – 3 décembre 1878)

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 18:47

Des expériences ont été faites au cercle naval de Brooklyn, à New-York, au sujet de l’emploi du pétrole comme combustible industriel, permettent d’entrevoir une révolution dans le commerce du fer, de l’acier, de la verrerie et d’autres industries.

Par l’emploi du pétrole comme combustible, non seulement le charbon de terre se trouverait distancé, mais encore, avec une dépense relativement toute minime, on acquerrait une puissance calorique supérieure à tout ce qui a été obtenu jusqu’à ce jour.

Dans les expériences faites à Brooklyn, on a constaté une chaleur de 5000 degrés, on a fondu des gueuses de fer en dix minutes (au lieu de deux heures) et soufflé du verre en deux heures (au lieu de seize). Le combustible employé se compose d’un résidu de pétrole mélangé de coaltar.

L’application de cette nouvelle invention à la marine pourrait, si les appareils présentaient autant de sécurité que d’efficacité, produire une véritable révolution dans la navigation à vapeur.

 

(Le Journal de Toulouse – 14 novembre 1878)

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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 23:46

Nous avions eu déjà le veau à deux têtes que l’on peut voir dans toutes nos foires pour la modique somme de dix centimes.

Nous avons maintenant l’homme à deux têtes.

L’homme bucéphale.

Et cet homme, c’est M. Jaurès.

On a lu l’information que nous donnions au sujet de son voyage de Toulouse à Paris.

Rien n’est plus exact.

M. Jaurès, en sa qualité de député, a le droit de voyager « à l’œil », en première classe.

La première classe ne suffisant pas à se bon socio, il avait prit un wagon-lit-toilette, pour la jouissance duquel il a dû payer 30 fr. 80 de supplément.

On nous dit que c’était le droit de M. Jaurès de prendre un wagon-lit-toilette.

Evidemment, c’est son droit ; car pour être socialiste, on en est pas moins aise d’allonger ses membres sur un moelleux sommet à beaucoup de ressorts.

Nous ferons seulement observer que lorsque le même socialiste voyage sous les yeux de ses électeurs, entre Albi et Carmaux, il ne monte qu’en troisième classe, avec le peuple, quoi, il n’y a que ça.

La vie de Jaurès est d’ailleurs pleine de ces petits trucs.

Jaurès, libre-penseur, fait baptiser ses enfants avec l’eau du Jourdain, estimant que l’eau de la Garonne n’est point assez pure pour ondoyer sa progéniture.

Jaurès collectiviste se garde bien de partager sa fortune avec les camarades.

Il se borne à répondre à ceux qui l’engagent à prêcher l’exemple : « Je partagerai quand les autres partageront. »

Autant dire : « Quand les carpes auront des plumes ».

Toujours deux têtes. Celle qu’on montre aux socialistes. Et celle que l’on reprend quand le spectacle est terminé.

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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 20:35

Veut-on savoir d’où nous viennent les candidats de la liste prétendue radicale-socialiste soutenue par la Dépêche ?

 

Sont originaires :

 

Duffaud, de Saint-Ybars (Ariège) ;

Llagonne, de Vinça (Pyrénées Orientales) ;

Tranier, de Vabres (Aveyron) ;

Gély, dit Sans-Poil, de Bassan (Hérault) ;

Philippe, de Colomiers ;

Juppon, de Lyon (Rhône) ;

Dereix, d’Angoulème (Charente) ;

Broemer, de Strasbourg  (Alsace) ;

Rémon, de Metz (Lorraine) ;

Rouquier, de Pezens (Aude) ;

Dupuis, de Hyères (Var) ;

Bacquié, dit Ça-Marche-La-Campagne, de Saint-Ybars (Ariège) ;

Saquet, de Rodez (Aveyron) ;

Durrieu, de Montesquieu-Volvestre ;

Voisin, de Narbonne (Aude) ;

Sarraute, de Rieux (Haute-Garonne) ;

Astre, de Rouffiac (Aude) ;

Taleton, de Vianne (Lot-et-Garonne) ;

Denus, de Montégut.

 

(Midi-Socialiste – 8 novembre 1896)

Par tolosa - Publié dans : Histoire
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