Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 13:32

Hier dimanche, jour de fête à l’Ardenne, banlieue de Toulouse, un mendiant entra, au sortir de la grand’messe, dans un cabaret, situé sur la grande route, but un seul verre de vin, puis un verre d’eau ; il traversa ensuite la route et se coucha dans un fossé comme pour se reposer ; mais aussitôt son corps s’affaissa, on le vit pâle, immobile ; on alla à son secours, il était mort. Le lieu de cet évènement, quoique près de l’église de l’Ardenne, dépendait de la commune de Tournefeuille. Cette circonstance a occasionné de longues formalités pour le transport du cadavre. Ce n’est qu’à trois heures de l’après-midi que l’on a pu le transporter à Tournefeuille. Jusqu’à cet instant, la foule joyeuse rassemblée sur la route pour la danse, avait le triste spectacle du corps inanimé de ce malheureux, sur lequel on a rien trouvé qui pût servir à le faire reconnaitre.

 

(Le Journal de Toulouse – 3 octobre 1848)

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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 02:08

Environ trois mille Italiens, venus de la Meurthe-et-Moselle, ont établis leur résidence momentanément dans le ramier du Château.

Dès leur arrivée, la municipalité, de concert avec l’autorité militaire, a assuré la subsistance de ces étrangers.

Les dames de la Croix Rouge ont facilité par leur initiative et leur dévouement, la tâche que la ville et le département s’étaient imposée. En un mot, le service a été organisé d’irréprochable façon. Nos hôtes s’en sont montrés satisfaits et un grand nombre d’entre eux promettent de remercier les Méridionaux de l’accueil chaleureux qui leur a été réservé.

 

(Midi-Socialiste – 16 août 1914)

 

L’Italie se souviendra

 

Nous recevons la lettre suivante que nous insérons avec plaisirs :

 

Monsieur le Rédacteur en chef,

 

Permettez-moi de faire appel au concours de votre estimable journal, pour adresser mes remerciements les plus sincères, à tous ceux dont le dévouement a atténué les souffrances morales et physiques des 3 000 Italiens qui ont séjournés à Toulouse, au Parc Toulousain, les 14, 15, 16 et 17 de ce mois.

A l’Administration de la Guerre et particulièrement à M. le Général Bailloud, commandant en chef la 17° région, qui, matin et soir, est venu se rendre compte par lui-même de l’exécution de ses ordres.

A M. le colonel Dumenjau, major de la garnison, aux officiers, sous-officiers et soldats des différents corps qui ont assuré les services de réquisitions, de ravitaillement, organisé le campement et maintenu l’ordre.

A la municipalité de Toulouse qui a coopéré à l’alimentation de ces 3 000 personnes et tout particulièrement à M. Bedouce, député de la Haute-Garonne, adjoint au maire et à MM. Bessat et Fontan, conseillers municipaux, qui ont assuré par leur présence le fonctionnement de ces services.

Enfin, aux Dames de la Croix Rouge (Société française de secours aux blessés militaire), qui sous la haute et active direction de Mademoiselle de La Salle, infirmière-major, affectée au Parc Toulousain, et de Mademoiselle de La Plagnolle, dirigeant l’infirmerie de la gare, ont fait preuve en toutes circonstances d’un dévouement et d’une abnégation sans bornes.

Hommes, femmes et enfants ont eu tous les soins désirables ; les malades ont été visités et soignés avec dévouement par M. le professeur Dalous, médecin de la Croix Rouge, et M. le docteur Marty, médecin du Bureau de Bienfaisance.

Je suis heureux de leur apporter ici l’hommage de ma profonde gratitude, en mon nom personnel et aux noms des Italiens qui ont séjournés au Parc Toulousain.

J’informe du reste le Gouvernement de Sa Majesté le Roi d’Italie, de ce qui a été fait à Toulouse pour le bien-être de ses sujets.

En vous remerciant, je vous prie d’agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, l’assurance de ma considération distinguée.

F.Mazelier

Consul de Sa Majesté le Roi d’Italie à Toulouse

 

(Midi-Socialiste – 20 août 1914)

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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 22:50

Hier, vers six heures du soir, une superbe cigogne plana longtemps sur la ville et alla enfin se jucher au sommet du clocher de l’église Saint-Etienne. Quelques instants après elle reprit son vol, mais plusieurs personnes s’étant armées de fusils lui tirèrent dessus et la tuèrent. Un journal prétend qu’elle s’était échappée du Jardin des Plantes ; cependant on nous assure que d’autres cigognes sont passées ces jours-ci sur Toulouse.

 

(Le Journal de Toulouse – 10 août 1848)

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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 22:28

Hier, vers 2 heures de l’après-midi, un mulet, attelé à une jardinière, s’est abattu dans la rue d’Alsace, en face la maison Canezin.

Malgré les efforts de son conducteur, aidé de nombreux passants, il a été, pendant plus de deux heures, impossible de faire relever l’animal, qui n’avait reçu du reste aucune écorchure dans sa chute. Mais il se trouvait très bien par terre, au frais.

 

(L’Express de Toulouse – 16 juin 1897)

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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 01:14

Poussant devant elles leurs baladeuses chargées de légumes ou de fruits, les revendeuses parcourent la ville annonçant à grands cris le coût de leur marchandise. Tout le monde les connait et les estiment. Chacune d’elles semble s’être désignée un quartier ou emplacement particulier qu’elle visite ou dessert, veillant avec un soin jaloux à ce que nulle concurrence ne vienne gêner ses petites affaires.

Ces accortes personnes, au verbe haut, riche en expression pittoresque, parfois cuisantes semble constituer le vrai type de la femme du peuple, résolue à gagner honnêtement sa vie et celle des siens. Vivant symbole d’existence laborieuse et libre, elle accepte gaiment les dangers, les hasards ou les chances de son métier.

Connaissant ces « pratiques » elle les considère comme des amies… jusqu’au moment de régler les comptes.

Si d’aventure le client trouve un peu trop exagéré le tarif du jardinage ou des primeurs, la marchande avec son exubérance légendaire ne manque pas de… discuter à sa façon. Mais, on lui pardonne aisément ses écarts de langage car l’on sait considérer qu’elle ne fait que défendre, un peu âprement peut-être ses intérêts commerciaux. Les agents de ville ne sont pas entièrement de cet avis et il leur arrive souvent très souvent même d’entrer en conflit avec les revendeuses. Ces braves gens de la chanson ont des arrêtés à faire respecter ; ils s’en acquittent avec un zèle un peu outré peut-être, mais se sont des esclaves de la consigne, ce qui peut, à la rigueur, excuser la sévérité de quelques-uns.

La place Victor Hugo est le principal champ de bataille où l’agent et la marchande se livrent à de multiples assauts. Les abords de cette place sont interdits. Les abords de cette place sont interdits aux revendeuses et c’est justement là qu’est leur lieu de prédilection. La grosse majorité des marchandes se plie aux exigences de l’arrêté, mais quelques rebelles s’obstinent, malgré les observations réitérées des représentants de la loi à revenir autour de la Halle pour négocier leurs produits.

Ces jours derniers, deux de ces dissidentes se voyaient prononcer la mise en fourrière de leurs chariot. Escortés par la police, elles suivirent docilement et calmes, riant presque ; elles remisèrent dans les locaux de la rue de Rémusat leur baladeuse chargée de fruits. Cela fait, d’un geste gracieux, elles saluèrent les agents et disparurent. Demi heure après, les deux femmes se présentèrent au concierge et lui remettait un billet ainsi conçu : « Rendre les charretons aux porteurs de la présente ». Habitué à ces tolérances qui après tout ne sont pas blâmable, la gardienne des produits saisis, rend aux marchandes ce qui leur était dû.

On serait tenté de croire que les deux revendeuses, aussitôt rentrées en possession de leur bien allèrent dans quelques endroits écartés pour le négocier ? Que non pas ! Elles revinrent le plus paisiblement du monde sur la place Victor Hugo. Les deux agents y étaient aussi. La rencontre était fatale. Elle eu lieu.

L’un des deux gardiens de la paix plaçant ses mains en visière n’en croyait pas ses yeux ; il s’adressa à son supérieur ;

Dites donc, brigadier, regardez moi ça !

Interloqué, le chef se croit lui aussi victime d’une hallucination. Comme il est aussi incrédule que Saint-Thomas il se dit en lui-même : « Per aou créiré aou caï touca ! » et il se dirige sentancieusement vers les délinquantes.

Celles-ci essayèrent bien de cacher leur stratagème, mais on fit avancer la concierge et le pot aux roses se découvrit. Comme on pense, nos deux marchandes furent sévèrement admonestées ; je crois même qu’on leur infligea une légère punition.

Cela fut pour effet de consoler les sergots, qui placides, se dirigèrent vers leur poste, heureux d’avoir « fait quelque chose » Hélas ! c’était si peu !

André Vergnes

 

(Midi-Socialiste – 9 juin 1914)

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