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Nous avions eu déjà le veau à deux têtes que l’on peut voir dans toutes nos foires pour la modique somme de dix centimes.
Nous avons maintenant l’homme à deux têtes.
L’homme bucéphale.
Et cet homme, c’est M. Jaurès.
On a lu l’information que nous donnions au sujet de son voyage de Toulouse à Paris.
Rien n’est plus exact.
M. Jaurès, en sa qualité de député, a le droit de voyager « à l’œil », en première classe.
La première classe ne suffisant pas à se bon socio, il avait prit un wagon-lit-toilette, pour la jouissance duquel il a dû payer 30 fr. 80 de supplément.
On nous dit que c’était le droit de M. Jaurès de prendre un wagon-lit-toilette.
Evidemment, c’est son droit ; car pour être socialiste, on en est pas moins aise d’allonger ses membres sur un moelleux sommet à beaucoup de ressorts.
Nous ferons seulement observer que lorsque le même socialiste voyage sous les yeux de ses électeurs, entre Albi et Carmaux, il ne monte qu’en troisième classe, avec le peuple, quoi, il n’y a que ça.
La vie de Jaurès est d’ailleurs pleine de ces petits trucs.
Jaurès, libre-penseur, fait baptiser ses enfants avec l’eau du Jourdain, estimant que l’eau de la Garonne n’est point assez pure pour ondoyer sa progéniture.
Jaurès collectiviste se garde bien de partager sa fortune avec les camarades.
Il se borne à répondre à ceux qui l’engagent à prêcher l’exemple : « Je partagerai quand les autres partageront. »
Autant dire : « Quand les carpes auront des plumes ».
Toujours deux têtes. Celle qu’on montre aux socialistes. Et celle que l’on reprend quand le spectacle est terminé.