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Parmi les Toulousains, il est une personne dont la longévité fera bruit dans les annales de la ville. Celle dont je viens parler, est Mme veuve Caubet, demeurant au numéro 10 de la place Saint-Escarbes, où sa fille, âgée de 62 ans, tient une laiterie et un dépôt de pain.
Née le 17 février 1795, elle atteindra, en février 97, l’âge de 102 ans.
Souvent, à l’entendre parler et plaisanter avec sa fille, on la dirait beaucoup moins âgée et, sans les rides que le temps à graver sur son visage, on croirait volontiers se trouver en présence d’une jeune fille.
Toujours guillerette, douée d’une mémoire surprenante, elle cause souvent avec les clients de sa fille ; c’est elle qui fait les comptes un peu difficiles et, sans l’aide de lunettes, elle reconnait les passants dans la rue.
Dernièrement, Mgr Mathieu, à qui ont l’avait signalée, est allé lui faire une longue visite, au cours de laquelle il a pu se convaincre de sa lucidité d’esprit et de sa mémoire merveilleuse surtout quand elle racontait sa vie depuis l’âge de 6 ans ; en particulier, le prélat a été fort surpris d’entendre de sa bouche, le récit exact de la guerre de Toulouse.
Elle répète souvent à sa fille : je crois vivre jusqu’à 120 ans.
J’ai pensé, Monsieur le rédacteur, que vos lecteurs seraient heureux de savoir que Toulouse possède une centenaire que la santé, l’intelligence et la mémoire, montrent à tous que la bonne conduite et la sobriété permettent d’arriver à de vieilles années.
Veuillez agréer, etc.
E.R.
(L’Express du Midi – 8 janvier 1897)