Nos agents
Les agents sont de braves gens. C’est entendu ; mais trop souvent ils manquent de mesure et de modération. Nous les avons opérer dimanche, au théâtre des Nouveautés et M. Gresley, commissaire central, a du reconnaitre, lui-même, que certains de ses subordonnés déployaient trop de biceps dans l’accomplissement de leur… devoir. Nous avons encore à relever un nouvel acte de brutalité.
Hier soir, à 6 heures 15, tandis que des étudiants patriotes étaient conduits au poste, un inoffensif jeune homme, M. Isidor B…, employé de commerce, sorti la veille de l’Hôtel-Dieu et complètement étranger à ce qui se passait, traversait la cour du Capitole. M. B… fut violemment bousculé par un garde municipal qui lui reprochait de ne pas marcher assez vite.
- Je suis malade, dit M. B…, je ne puis aller plus vite.
L’agent considéra la réponse comme un outrage et traîna M. B… au poste. Là, le pauvre garçon n’eût pas de peine à expliquer son cas au commissaire central qui le fit mettre en liberté. M. B… a reçu des coups de poing dans le dos et dans les reins. Il est venu se plaindre dans nos bureaux. Nous enregistrons d’autant volontiers sa légitime protestation que de divers côtés on nous signale la révoltante brutalité avec laquelle agissent certains agents.
(L’Express du Midi – 5 juin 1901)